Historique

Origines du mouvement

Tout au long de l’hiver 2010 le collectif « Democracia réel Ya! » (DRY), en association avec environ 200 petites organisations, ont préparé une énorme manifestation pour une vraie démocratie en Espagne (exemple de vidéo d’appel : http://www.youtube.com/watch?v=1SAfFFpGF3E).

Le mouvement de protestation s’est accéléré le 15 mai 2010 avec une occupation sur  la place principale de Madrid, la Puerta del Sol. Un élan d’occupations spontanées s’est  rapidement propagé dans 57 autres grandes villes et de plus petits villages, ainsi  qu’aux ambassades espagnoles à travers le monde grâce notamment aux apports des  nouvelles technologies. Des centaines de milliers de gens sont descendus dans la  rue, mélangeant générations, opinions, idées, idéologies, croyances, espoirs et le désir d’agir ensemble.15 M

Via son serveur espagnol tomalaplaza et sa version internationale Takethesquare, le mouvement rebaptisé 15M (appelé aussi «indignados» par les médias) est devenu un mouvement transnational. Il a explosé en Grèce dix jours plus tard (le 25 mai), tout en ayant lieu, à moindre intensité, en France, en Italie, au Portugal ou encore en Irlande avec un point culminant sur le 19 Juin quand « les Indignés » ont pris la rue de centaines de villes à travers le monde lors de cette première journée mondiale (dont 3.000.000 en Espagne).

imagesEn comparaison avec le printemps arabe, le 15M ne mobilise pas seulement pour  mettre fin à un régime, mais poursuit un objectif global, il exige une véritable  démocratie, pas seulement une révolution mais une évolution. Le mouvement dénonce la façon dont les grandes entreprises et les banques dominent la sphère politique et économique et vise à générer des solutions concrètes à ces problèmes par la base avec la démocratie directe basées sur les Assemblées populaires et sur la prise de décisions consensuelles. Le Mouvement se maintient sans affiliation à aucun parti politique ou syndicat, n’a pas désigné de dirigeant, et refuse de  joindre l’un des organes politiques existants.

Il lutte contre la violence et cherche à favoriser la voie de la non-violence en  développant la pratique de techniques de désobéissance civile et de résistance  pacifique.

A la mi-Juin 2011, le réseau Takethesquare et la plate-forme internationale DRY ont commencé à travailler ensemble sur une journée mondiale le 15 octobre avec un premier objectif d’exportation du mouvement (Assemblées et éventuels campements) à un maximum de villes à travers le monde. La première réunion internationale a eu lieu à Lisbonne les 10 et 11 Juillet avec des participants venant d’Islande, de Grèce, d’Espagne, d’Italie, etc…

Le mouvement israélien pour la justice sociale s’est levé le 14 Juillet avec des centaines de milliers de personnes mobilisées dans différents campements de protestations dans tout le pays.

Pendant ce temps huit marches ont commencé à partir de différentes régions de l’Espagne, en direction de Madrid, avec des assemblées populaires dans chaque village qu’elles traversaient, tout en organisant la deuxième réunion internationale (un forum social d’une semaine) qui s’est tenu le 23 Juillet à Madrid.

Marche_indignes_a_OrleansAprès cela, une nouvelle marche a quitté Madrid en direction de Bruxelles, et a été rapidement rejointe par les marcheurs de six autres pays européens (venant de Barcelone, Saragosse, Toulouse, de Sicile, Berlin et Amsterdam). Les marches venant d’Espagne et de France se sont arrêtées à Paris le 17  Septembre pour la journée de mobilisation contre la dictature  financière mettant ainsi à l’épreuve la coordination internationale avant le 15O), lorsque des actions comme l’occupation des marchés boursiers et des banques centrales ont commencé contre la dictature financière, dans un grand nombre de villes comme Barcelone, Athènes, Tel Aviv, New York ou au Mexique. La troisième réunion internationale (Agora Paris) a ainsi eu lieu. La quatrième réunion internationale (Agora Brussels) s’est tenue du 8 Octobre au 15 octobre, journée mondiale d’action, quand des millions de personnes sont descendues dans les rues dans près de 1000 villes à travers le monde, mettant en place des Assemblées générales et des occupations  permanentes.

Bien qu’incomparables dans leur intensité a la Tunisie, l’Egypte, l’Espagne, la  Grèce ou Israël, le 15O a permis d’étendre le mouvement sur tous les continents  et dans 82 pays.

Situation actuelle

D’après l’évolution des choses et de la prise en compte des revendications par les pouvoirs politiques et la classe dirigeante il paraît nécessaire que :

- Des protestations continuent et qui maintiennent occupations, grèves, actions directes, campagnes d’information, jour après jour pour faire pression sur les institutions (médiatiques, politiques, financières, militaires, environnementales…) qu’il est urgent de réformer ou de reconstruire.

- Des communautés (camps, squats, marches itinérantes, quartiers, éco-villages, coopératives et autres projets auto-gérés) reconnaissent comme seul processus démocratique réel (horizontal, ouvert à tous, non  partisan, transparent, non-violent…) l’Assemblée Populaire et s’affirment comme un projet de société en alternative au système actuel.

- Des groupes de travail coopèrent sur des projets spécifiques (média, environnement, économie, politique …) mutualisant ressources et méthodes de travail pour combattre le système ensemble, avec des outils concrets contre les 1% et des solutions durables pour les 99%.